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Gesve, aux sources du Samson. "Gesves" proviendrait du composé germanique "gany ahwjô" (eau qui court) sans doute suite à la présence du Samson et d'autres ruisseaux à l'écoulement rapide.

  


 

 EGL.   PAROISS.   ST-MARTIN

Edifice néo-classique en brique et calcaire, daté de 1845 sur l'arc triomphal.
Autels   latéraux   (déb.   XVIIIe  s.),   celui   de   g. avec éléments  plus anciens  (v.  1600). Fonts   baptismaux   (XVIIe   s. ?)   en   calcaire. Pierres   tombales   dans   les   murs   extérieurs

R.   COMMUNALE

N° 1 (à côté). Chap. St-Roch. Edifice en grès, à abside semi-circulaire. Porte à queues de pierre saillantes et linteau bombé avec clé marquée « St Roch / Priez / Pour / Nous / 1766». Vantail clouté à judas grillagé. Corniche de bois et bâtière d'ardoises.St-Roch  populaire  (XVIIIe s.). R.   DES   FONDSN° 82. Maison parall. en grès, de style traditionnel, datée « ... F.M. / 1781 » sur le linteau droit de la porte à queues de pierre. Double corps percé de fenêtres à meneau au r.d.ch. et à linteau droit à l'étage. Bâtière de tuiles.

R.   PETITE

N° 9. Maison en calcaire de la 2e moit. du XVIIIe s., dont les deux travées primitives à deux niveaux, ont été prolongées à dr. et à g. d'une travée, peu après la construction. Ouvertures à linteau bombé, frappé d'une clé. Bâtière d'ardoises. Au r.d.ch. vitrine récente. NOS 45_46. château de Gesves. Ancienne avouerie de Poilvache, citée en 1333 lorsque le comte de Luxembourg la donna en fief à Evrard de Bolland. Propriété au mil. du XVIIe s. des Ver-reyken, passée en 1677 à Nicolas de Jacquier, vendue en 1712 aux Chabo, à la fin du XVIIIe s. aux Baillet et au XIXe aux Limminghe. Dans la vallée du Samson, ensemble clôturé de murs et bordé de tours d'angle carrées, développé au XVIIe s. à partir d'un donjon médiéval, conservé à l'O. et presque entièrement remodelé au XIXe s. Ailes S. et E. disparues. Douves partiellement conservées. Donjon massif de trois niveaux en blocs calcaires grossièrement appareillés (fig. 167). Faces S. et E. cimentées et percées au XVIIe s. de fenêtres jadis à croisée. R.d.ch. aux murs épais, voûté de deux berceaux et éclairé par deux meurtrières à l'O. Aux étages, une travées de fenêtres anciennes à traverse.Au XVIIe s., construction d'un vaste logis traditionnel en L, contre le donjon. Façade principale à deux niveaux sur caves, également cimentés, et onze travées dominées presque au centre par une tourelle carrée. Fenêtres jadis à croisée sur montants à queues de pierre. Dans l'angle, porte surmontée des blasons Allegambe-Baillet. En 1870, doublement de l'habitation vers l'arrière en style néo-gothique et construction de tours rondes. Réaménagement de la façade principale et transformation de la tour centrale en porche à loggia, aux armes de Limminghe. Bâtières d'ardoises.A l'O., à côté du donjon, tour ronde du XVIIe s. en moellons calcaires sur soubassement biseauté, abritant un colombier et renforçant jadis l'angle S.O. de la cour de château ceinte de hauts murs. Meurtrières et petites fenêtres rect. d'origine. Porte actuelle du XIXe s. aux armes de Limminghe. Poivrière d'ardoises surmontée d'une aigrette. Dans le prolongement, dépendances du XIXe s. sur bases plus anciennes. Bâtière d'éternit. Au S.E., au S.O. et à l'O., tours d'angle de quatre niveaux en calcaire, remaniées au XIXe s. et rappelant les ailes disparues de la ferme en U tournée vers le château.M. HOUTART, « Le village de Gesves pendant huit siècles (1000-1800) », A.S.A.N., t. XLI, 1935, pp. 159-307; t. XLIII, 1938, pp. 1-195.N° 48. Maison parall. en calcaire, de style traditionnel du XVIIe s. Dans les pignons, fenêtres à traverse ou jadis à croisée. Transformations. Bâtière detuiles.Nos 51-52. Maison perpend. de style traditionnel, remarquablement construite en calcaire, datée sur le linteau droit de la porte surmontée d'une baie d'imposte «PM / 1750». Deux niveaux de cinq travées de fenêtres presque toutes à meneau. Porte du n° 52 remaniée. Bâtière d'ardoises (fig. 168). Dans un bâtiment annexe, pierre de remploi datée « P M P P / 1754 ».N° 55. Maison en grès et calcaire, transformée en 1835 comme l'indique la date sur le linteau droit de la porte. Double corps de deux niveaux éclairés par des baies au linteau droit. Bâtière d'ardoises.

R. POURRAIN

N° 3. Petite maison de calcaire à deux niveaux, de la fin du XVIIIe s. Porte bombée à traverse droite et fenêtres à meneau transformées. A g., percements du XIXe s. Bâtière d'éternit.N° 20. Dans le moulin de Wagnée situé au bord d'un affluent du Samson et reconstruit en 1880, porte de remploi en anse de panier formée de trois claveaux sur montants appareillés, du XVIIe s.

R.   DE   SPACE

N° 9. Maison parall. classique, à double corps de trois travées. Porte bombée, datée à la clé de 1782. Deux niveaux de fenêtres semblables. A dr., vitrine récente. Annexe à g. sous la même bâtière d'ardoises à coyau.

 

BRIONSART

N° 29. Dépendance en colombage et brique chaulée, partiellement sur haut soubassement de calcaire. Bâtière de tuiles.
N° 47. A un carrefour, au bord d'une propriété privée, Christ populaire en bois peint du XVIIIe s., sur croix récente.
N° 71. Dans une ferme clôturée du XIXe s., pierre commémorative du déb. du XVIIe s., scellée à l'entrée, portant dans un cartouche décoré de cuirs : « Dat rectis / Successum » et représentant un religieux à genoux et derrière lui, saint Laurent portant son gril.
Corps de logis en grès, construit avec des matériaux de remploi. Porte datée après coup sur la traverse droite : « I.F. ... / ANO / 1804». Vantail et baie d'imposte néo-classiques. Aux deux niveaux, ouvertures bombées à clé et queues de pierre. Bâtière d'éternit.
N° 129. Maison traditionnelle en grès, primitivement à double corps, du dern. qu. du XVIIIe s. Baies à meneau au r.d.ch. et à l'étage. Porte à linteau échancré et traverse festonnée. Bâtière de tuiles.

 

HOUTE

N° 2. Bordée par un jardin, maison en grès et pierre bleue, de style traditionnel. Double corps de deux niveaux, prolongé à dr. par une annexe contemporaine. Fenêtres à meneau à l'étage et porte en plein cintre au r.d.ch., surmontée d'une petite baie obturée que domine une niche où se lit « S.V(ierge).PP.N / 1728».Peu après la construction, adjonction d'une dépendance et plus récemment d'une seconde, sans la même bâtière d'éternit.A un croisement de chemins, potale en pierre bleue portant sous la niche en cul de four, le monogramme de la Vierge et la date 1737. Couronnement abîmé. Socle mouluré.

 

HOYOUX

N° 3. Ferme de Hoyoux. Ensemble en ordre dispersé. Au N., volume en calcaire abritant logis et étables sous bâtière d'éternit à croupettes. Habitation de la fin du XVIIIe s., aménagée au siècle suivant lors de l'adjonction de la dépendance. Aux deux niveaux, ouvertures à linteau droit et queues de pierre au milieu des montants. A l'E., grange en large du XIXe s. également, avec portail en plein cintre harpe. Même toiture. Dépendances des XIXe et XXe s.N° 7. Moulin de Hoyoux. Sur le Samson et adossé à une colline boisée, ancien moulin banal de grès et pierre bleue, constitué par un corps de logis et des dépendances en L, contiguës (fig. 169).Logis des environs de 1700, à trois niveaux dont un cave, prolongé peu après vers la dr., d'une travée. Vaste perron postérieur avec escalier latéral. Ouvertures pour la plupart transformées au XIXe s. Traces de baies primitives. Toiture d'ardoises à coyau. Grange en large datée au mortier sur le mur intérieur O. « 1708 / M T » (Mar-lair ?). Couverture de tuiles à croupette.A dr. du logis, four en ruines millésimé de 1811.

SPACE

Hameau composé de fermes en grès. Plusieurs du XIXe s.N° 6. Petite ferme en L du 1er tiers du XVIIIe s. dont le volume g. abrite le logis entre des étables, sous bâtière d'éternit et de tuiles. Habitation à double corps et deux niveaux de trois travées. Porte chaînée surmontée d'une :a.e d'imposte et à l'étage, deux fenê-:res jadis à croisée. Autres percements des XIXe et XXe s.A g., étable avec porte à linteau droit sur piédroits harpes et fenêtre de même type. A dr., autre étable transformée en logis au XIXe s.En retour, grange en large avec portail cintré sur piédroits harpes dont la clé porte la date de 1726. Bâtière de tuiles mécaniques. A l'entrée, dépendance du XXe s. et remise à chariots.\3 9. En retrait, petite ferme en calcaire de la 2e moit. du XVIIIe s. com--' ;T dans le même volume le logis à dr. et les étables à g., sous bâtière d'éternit. Logis de deux travées avec porte à traverse droite et linteau incurvé sous corniche profilée. Baie à linteau droit au-dessus de l'entrée et fenêtres bombées à clé sur montants à queues de pierre à g. A l'intérieur, cheminée en marbre noir portant sur le linteau « IHS / 1782» et sur les piédroits «MICHEL» et « [MOR]IMONT ». Agrandissement à dr. au XIXe s. pour former double corps. Etables avec portes et fenêtres rect. au r.d.ch. et bombées à clé au fenil. Voussettes à l'intérieur. Dépendances du XXe s. à rue.

ROUTE   D'HALTINNE

N° 11. Entre des dépendances du XIXe s., maison perpend. classique en grès, datée de 1828 à la clé de la porte bombée. Double corps de deux niveaux percés de fenêtres bombées à clé. Bâtière d'ardoises.{/slide} 


De nombreuses trouvailles archéologiques (stations préhistoriques, villa romaine, poteries et monnaies, cimetière gallo-romain et cimetière franc du Ve siècle) attestent de l'occupation ancienne de la localité. Au onzième siècle, Gesves constitua une avouer de la collégiale de Huy (1091).

En 1236, elle fut vendue à Walerand de Limbourg, prévôt de Poil vache, qui entra en conflit à cette occasion avec le prince-évêque de Liège. L'avouer resta finalement à Walerand et à ses héritiers, les comtes de Luxembourg. Mais au treizième siècle, le comte de Luxembourg reprit en fief du comte de Namur la terre de Poilvache et, notamment, Gesves. En 1333, le comte de Luxembourg donna en fief à Evrard de Bolland tous ses biens de Gesves et notamnent la justice haute et basse.

Une vingtaine d'années plus tard, un conflit éclata entre le seigneur de Gesves et le chapitre de la collégiale de Huy qui revendiquait la hauteur de Gesves. Le chapitre dut cependant renoncer à ses prétentions moyennant une rente annuelle de 115 mulds d'épeautre. (un muld = 235 litres) C'est l'épeautre, une excellente céréale remise à l'honneur aujourd'hui qui était très souvent exigée comme payement en nature.

La seigneurie de Gesves appartint successivement aux Juppleu (fin XlVe -début XVe s.), à Jean de Berlaymont (1505), Adrien de Seraing (1547), Jean de Marneffe (1574), René de Mozet (1623). Ce dernier la vendit à Jean de Fumai (1642).

En 1648, La seigneurie fut érigée en baronnie par Philippe IV et fut vendue en 1677, à Nicolas Jacquier, seigneur de Boutonville.

Au dix-huitième siècle, elle changea à nouveau de propriétaires : vendue en 1712 aux Chabot, elle sera ensuite acquise par Charles-Raymond de Balliet, seigneur de Merlemont. Le dernier seigneur de Gesves fut Charles-Joseph-Amour de Balliet, fils du précédent.


Les seigneurs de Gesves jouèrent un rôle Important dans la vie publique du comté de Namur : au treizième siècle, deux d'entre eux furent prévôts de Poilvache, qui couvrait de nombreuses localités voisines.


Au quinzième siècle, Daniel de Gesves était conseiller du comte. Le premier abbé de Grand.Pré fut Jean de Gesves.


A l'époque romaine déjà, on exploitait à Gesves une carrière de pierres meulières. Au début du siècle dernier, cette Industrie occupe encore un grand nombre de bras et les meules qu'on y fabrique étaient réputées. En 1896, on dénombre à Gesves 7 carrières de pierres qui emploient 21 ouvriers et en 1937, il en reste deux mais qui comptent 69 ouvriers. En 1961, deux également avec 36 ouvriers. Les carrières de Gesves étaient situées à l'ouest de la commune sur le chemin d'Assesse. Elles fournissaient du grès jaune et vert  pour la confection de pavés.

Si l'exploitation de la pierre et du marbre semble avoir été de tout temps la principale activité industrielle de la localité, il y eut également des forges à Gesves évoquée déjà en 1381 au lieu-dit "Les Forges". Mais c'est néanmoins l'agriculture qui employait plus de bras.

En 1830, les ruisseaux dont le Hoyoux, faisait mouvoir trois moulins à farine, un moulin à scier le marbre.

Gesves recelait une carrière de marbre bleuâtre, veiné de blanc. On y trouvait aussi des bancs de poudingue (conglomérats de cailloux et galets arrondis réunis dans un ciment naturel) ainsi que de la terre houille. L'exploitation des bois, du marbre et de la pierre meulière, occupait un grand nombre de bras. Les meules que l'on confectionnait dans cette localité soutenaient avantageusement la concurrence avec celles de France selon Van der Maelen.

On comptait aussi de nombreux agriculteurs. Les champs étaient plantés en épeautre, seigle, orge, avoine, féveroles, trèfle, foin, pommes de terre .légumes et fruits. Un quart environ de la superficie était couvert de bois taillis et futaie. On élevait des chevaux, des bovins, des porcs et des moutons dont trois gros troupeaux.
En 1846, 892 personnes sont occupées dans 314 exploitations agricoles. En 1930, on relève 7 grosses fermes ; Censé d'En Haut, 80 ha et Censé d'En Bas, 90 ha, à Petite Gesves; ferme Montjoie, 70 ha, et ferme de Borsu, 80 ha, à Spasse; censé de Borsu, 90 ha, et censé de Francesse, 100 ha, ainsi que la censé de Hoyoux, 70 ha , plus une demi-douzaine d'autres fermes importantes (de 25 à 40 ha) dont celle du Moulin, 35 ha, Warnier (sur Spasse), 25 ha, Toussaint, 23 ha et Belot 40 ha, du moulin de Wagnée à Pourrain, 40 ha et de la Porte à Brionsart, 40 ha.
On comptait en plus 250 cultivateurs exploitant de 1 à 15 hectares.
Le tissage de chanvre fut pratiqué à Gesves jusqu'au milieu du XIXe siècle. Dans ses derniers temps, la batterie de chanvre était installée au"Neumolin," tandis que la foulerie avait occupé un terrain en Brochait, un peu en aval. 

 

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General update: 19-01-2012 07:54
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